Homélie du 34ème dimanche T.O. année A par l' Abbé Lievin
 
Frères et sœurs, bien aimés dans le Seigneur !
En ce 34ème dimanche du temps ordinaire et dernier dimanche de l’année liturgique A, nous célébrons « la fête du Christ-Roi de l’univers », la fête de Jésus : Roi-Berger et Serviteur. Mais sa royauté n’est pas une royauté à la manière du monde, elle est tout autre. Elle est faite à la gloire de Dieu et s’exerce dans l’amour.
 
 En célébrant aujourd’hui le Christ-Jésus comme Roi de l’univers, lorsque nous levons chaque fois nos yeux vers le Christ suspendu au bois de la croix, nous pourrons le contempler, le glorifier comme le vrai Roi-berger, venu livrer sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés. Nous pourrons également le reconnaître comme le Roi-Serviteur qui vient aujourd’hui à notre rencontre, humble et discret, dans le quotidien de notre existence. Et cette image du Roi-Berger et Serviteur est affirmée dans les 3 lectures que nous propose la liturgie de ce 34ème dimanche.
 
Dans la 1ère lecture, tirée du livre du prophète Ezéchiel (34, 11-17), le prophète rappelle que le Seigneur est le berger de l’humanité. Il annonce que le Seigneur Dieu veut confier son peuple à un pasteur ; et il trace le portrait de ce pasteur qui sera « le bon berger et le pasteur qui prendra soins des brebis ». En effet pour le prophète Ezéchiel, le roi a le devoir de veiller sur son peuple, et plus particulièrement sur les petits, les faibles, les sans défense.  Malheureusement, dit-il, tous les rois qui ont été à la tête du peuple, n’ont eu que des rêves de grandeur et de puissance.
 
Voilà pourquoi Ezéchiel envisage désormais pour Israël, un nouveau régime politique où il n’y aura plus de roi, mais le Seigneur Dieu, lui seul qui gouvernera son peuple, comme « un pasteur » garde et veille sur son troupeau. Ainsi, écrit Ezéchiel, on le verra, tel un bon berger, partir à la recherche des brebis perdues en exil, les ramener au bercail en Palestine ; et là, soigner et entourer de sollicitude les brebis les plus chétives …
 
Frères et sœurs, à chacun de comprendre cette vision d’Ezéchiel et de s’interroger : - L’amour du Seigneur va en priorité aux plus petits et aux plus faibles. Et le nôtre ? Quelle est notre attention habituelle aux personnes qui nous entourent ou que nous rencontrons ?
 
Dans la 2è lecture (1 Cor.15, 20-26.28), saint Paul proclame que « Jésus-Christ est le Roi de l’univers » qui sauve notre humanité en étant victorieux de la mort, par l’amour. En effet, le Christ-Roi de l’univers sauve par sa croix et sa royauté est toute autre, elle ne ressemble en rien aux royautés de ce monde. Car, dit-il, le Christ ressuscité rassemblera dans le Royaume du Père tous ceux qui lui auront confié leur vie.
 
Bien aimés dans le Seigneur ! Le Christ-Roi de ce monde : le croyons-nous pouvoir vaincre en nous tout égoïsme, tout orgueil, et tous ces fléaux qui dévastent notre monde ? L’espérance de la résurrection avec le Christ-Roi nous aide-t-elle à lutter contre tous les germes de mort qui atteignent les hommes et les femmes surtout en cette période de la pandémie du covid 19 qui menace tout l’univers ?
 
Dans l’évangile (Mathieu 25, 31-46), le Christ-Roi de l’univers se montre en chaque visage en nous rappelant la primauté de l’amour véritable où chacun est envoyé mettre en pratique l’amour des autres. D’ailleurs, la parabole est suffisamment claire par elle-même lorsqu’elle montre que Jésus-Christ, ce Roi de l’univers, ne s’identifie pas purement et simplement avec tout homme, mais tout spécialement avec les pauvres, les petits, les faibles, les plus délaissés de la société :

 - Le Christ est dans cet affamé qui court les rues ! Il est cet ouvrier immigré de nos quartiers ; il est ce prisonnier économique, politique ou non ! Il est dans ce malade que personne ne visite plus. Oui ! Le Christ est Roi de l’univers et il est le bon berger. Nous avons beau connaître cette page de l’évangile, mais ça passe difficilement pour sa mise en pratique dans notre vie. Et pourtant nous aurions pu déjà le reconnaître comme roi, dans cet homme pendu au bois de la croix. Car, en fait, lui seul est ce véritable Roi de l’univers qui se montre aujourd’hui en chaque visage d’hommes et de femmes que nous rencontrons et dont le trône de gloire reste la croix.

Frères et sœurs, demandons-nous : qui connaissons-nous autour de nous qui ait faim et soif, soit étranger, souffre du froid, soit malade ou en prison ? Qu’attendons-nous et que faisons-nous ? La clé pour entrer dans le Royaume où Jésus-Christ est le Roi, c’est d’aimer et aider les autres. Mettons-nous à l’écoute et au service des autres .Prions que chacun de nous soit le berger et le serviteur de son frère à l’exemple du Christ-Roi et Serviteur. Amen !