« Tu n’es pas le centre de l’univers et c’est une très bonne nouvelle ! »
 
Nicolas Copernic, au début du 16ème siècle, en rupture radicale avec les courants de pensée de son époque,
démontra que la Terre n’était pas le centre de l’Univers.
Non tout ne tournait pas autour de nous,
c’est nous qui étions un satellite comme un autre qui tourne autour du soleil.
Voilà qui était de nature à faire réfléchir les philosophes de l’époque….
Quatre cents ans plus tard, on peut lire dans un journal bien connu,
qu’il est question que les cours de religion deviennent facultatifs.
Nième coup de boutoir d’un dogme au double credo qui emplit l’Occident :
l’homme transcende son environnement et la science est l’instrument,
par lequel il démontrera cet axiome, pour son plus grand confort.
Tout le reste n’est bien sûr qu’inutile bondieuserie surannée….
Il faut reconnaitre que des progrès étonnants ont été réalisés dans tous les domaines de la science :
la médecine, la physique, la mécanique,
la science de l’information, n’ont jamais révélé autant de puissance apparente.
Pourtant à y regarder de plus près, l’infiltration du rationnel dans le sacré,
le mélange des genres confondant intendance et projet de vie,
ont des conséquences qui commencent à se voir.
Nous n’avons jamais eu autant de confort matériel.
Pourtant les cabinets de psychologues ou âtres de tous genres fleurissent à tous les coins de rue.
« Docteur faites quelque chose, je ne suis pas heureux ».
Il traine en toile de fond de la société un dogme tacite qui nous influence tous :
il existerait une combinaison idéale de possessions et d’émotions qui vont faire notre bonheur.
Si nous ne sommes pas heureux, c’est que soit nous n’avons pas assez,
soit nous ne vivons pas assez d’émotions, nous n’éprouvons pas assez de plaisir.
Le marketing nous diffuse cela dans toutes les langues : images de bolides de rêve,
de maisons luxueuses ou de vie en pagne au bord d’une plage à cocotiers aujourd’hui accessible pour une poignée de dollars.
Cette course à l’émotion, que l’on confond de plus en plus avec l’âme,
montre des générations aux caprices grandissants,
papillonnant sans fin à la recherche de la solution à leur équation du bonheur,
fondamentalement biaisée car tournée vers soi.
Bien sûr, il y a des initiatives magnifiques pour la nature, contre la pollution,
le réchauffement climatique, la croissance.
Mais quelque chose de fondamental apparait toujours en toile de fond :
il ne s’agit que d’une autre manière de combiner possession et émotion,
une autre manière de servir ce « moi gourmand » que l’on croit pouvoir satisfaire un jour.
On a peur pour soi, mais pas pour une valeur plus grande que soi.
On exige pour soi plus de liberté, moins de stress, plus de « qualité de vie ».
Mais pas pour quelque chose dont le « Moi » disparait et indépendant des conditions extérieures,
contenant pour l’homme un projet universel, radical oubliant le Moi pour mieux retrouver l’Humain.
A chaque fois, il s’agit d’un modèle géocentrique, ou plus simplement en inversant simplement deux lettres, égocentrique.
C’est là que le fait de jeter aux orties l’enseignement de la Bible va peut-être bien forcer notre société à réinventer la roue de l’âme pour sa survie.
L’enseignement du Christ, la fondation de ce qu’il nous dit, c’est de nous décentrer,
oublier ce MOI pour pouvoir se retrouver SOI,  créature dépossédée de son orgueil,
mais enrichie de la joie sereine de la création, se donnant sans compter,
et tournant le regard vers une cause qui la dépasse plutôt que vers le service de son nombril.
Cette démarche seule, intérieure, fondatrice, 
n’ayant besoin de rien d’autre que de l’écriture et d’une humble solidarité avec l’Autre,
nous met en joie, en marche, en équilibre.
En cela, la joie du dialogue avec Dieu ne perturbe pas l’âme comme le ferait une émotion,
elle l’assied sur une fondation solide, intemporelle, motrice.
En prenant la peine de regarder le Christ qui chemine à nos côtés,
c’est comme si nous avions chacun notre « Nicolas Copernic » à portée de main qui nous dit doucement
: « Tu n’es pas le centre de l’univers et c’est une très bonne nouvelle ».
Car c’est peut-être bien d’humains décentrés, dévoués, en joie d’aimer,
au service de quelque chose pour lequel ils s’oublient, que le salut viendra.
Un paroissien

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